Neige

Le silence enrobe la forêt. Les arbres et les buissons, nus, demeurent immobile, recouverts d’une épaisse couche de neige. Adossé à un tronc, assis sur le sol gelé et recroquevillé sur lui-même, il relève brusquement la tête, alerté par un amas de flocons qui chute et disparait dans un bruit mat. Lentement, absent, il relâche ses genoux, retire son bonnet d’une main et le secoue, s’appuie sur l’arbre, l’aidant à être debout. Le regard hagard, il tourne sur lui-même, abandonnant les reste de rêve qu’il avait amené de son sommeil, tend l’oreille, attentif, mais aucun son n’y parvient, aucun bruit ne fait vibrer son tympan. Autour de lui, l’orée du bois, pleins d’arbres espacées, offre différents bris de paysage, encadrés par des branches blanches et les écorces sombres. S’étendant face à lui, la plaine vide, glacée ; quelques collines éloignées cachent la nature.

Le froid picote sa peau, délaissé par ses vêtements. Il en tremble, et soupire de cet froideur, expulsant de la buée, vaporeux nuage qui disparait aussitôt. Le visage tendu vers le ciel, il contemple le plafond gris, strié par les ramures tordues qui s’étirent dans le contre-jour. Bien vite, ses habits se refroidissent, sa main toujours posée sur le tronc givré s’endolorie, des frissons toujours plus forts le saisissent ; il est gelé. Autour de lui, il n’y a rien. La brise souffle avec légèreté, poussant les arbres endormies à se bercer et siffler dans leur torpeur. Quelques très rares flocons de neige dansent dans l’atmosphère, valsent devant ses yeux, égarés, avant de s’effacer. Entre les arbres, les champs, les prés blancs, la plaine enneigée, persistent dans leur immuabilite, indifférents à la froidure qui s’empare du jeune homme, toujours emplis, débordant de ce néant froid et indolent. Crispé, perdant ses couleurs pour une pâleur lilial, une lividité albâtre, il jette un œil vers la forêt glabre, lugubre et sinistre, qui ne trace aucune route, ne désigne aucun chemin, porte à nouveau son regard sur les collines gelées et enfonce son bonnet sur son crâne. Il reprend sa respiration et s’avance. Aucun bruit, le silence engloutit tout son dans ce lieu immaculé.

Il s’enfonce dans le paysage glacée, s’enfuit dans le mutisme neigeux.

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