Volupté

Lucien fixait ses yeux dans le miroir.

La sonnette retentit dans l’entrée et il s’essuya les mains dans la serviette humidifiée, quitta son reflet, rejoignit la porte où il accueillit son invité, exact. Les doigts encore sur la poignée froide, le battant entrouvert, Lucien reçut sur ses lèvres celle d’Aymric, craquelées, à peine charnue, délicieuses, qui ne se détachaient pas, ne s’éloignaient plus, un baiser immense, infini, exquis. Aymric repoussa la porte d’une main, de l’autre, s’empara de la nuque de Lucien qui recula de plusieurs pas et continua de l’embrasser. Les deux hommes firent encore quelque pas maladroits en arrière, puis Aymric fit volte-face, entraînant dans son demi-tour Lucien, repoussa la porte et le plaqua contre le panneau. Ses doigts se crispèrent autour du cou de son amant. Continuer à lire … « Volupté »

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Baiser

                D’une main légère, j’enfonce mes doigts dans tes cheveux blonds cendrés, mi- longs, duveteux, qui caressent ma paume, et les glissent, repoussant ta chevelure en arrière, en longeant l’arrière de ta tête, approchant délicatement ton visage du mien. Continuer à lire … « Baiser »

Hors-la-Loi

            « Résumé et simplification de la nouvelle loi, surnommée Loi des Normes qui sera officielle dans trois heures. Toute personne ayant une relation plus qu’amical, c’est-à-dire, une relation amoureuse et/ou des relations charnelles avec une personne de même sexe sera condamné à mort. Il en sera de même pour le ou la partenaire de ladite personne. »

            Alors que la voix du chroniqueur allait poursuivre sur les diverses peines de morts, toutes cherchant à surpasser la douleur que pouvait procurer la précédente, Valentin éteignit la radio. Derrière lui, devant un sac-à-dos ouvert et à demi-rempli, Hadrien fixait l’objet qui venait de se taire, tétanisé.

            « Ne t’en fais pas, nous serons partis avant. » Continuer à lire … « Hors-la-Loi »

Clos

            La porte tremble, heurte son dos.

            « Il est là, aidez-moi… »

            Ses yeux s’écarquillent, apeurés. Son corps commence à frissonner, puis est secoué, fortement, violemment, incontrôlable car sous le joug de la panique. Assise sur le parquet ciré, elle ramène ses genoux contre son ventre et les enveloppent de ses deux bras. Face à elle, le miroir au fond du couloir, dans la lumière déclinante, le reflet scelle son regard effrayé, perdu sur son visage blanc, sur elle. Derrière, la porte s’agite à nouveau, plus brutalement. Son estomac se tord, ses mains se nouent. La porte s’ébranle encore et plus brutalement, encore. Le bois craque, les gonds geignent, le verrou chouine. Cachée, la chose s’accrochant à la porte devenait toujours plus forte, toujours plus furieuse. Et sa rage l’épouvantait, soulevant son épiderme blême, la terrifiait, glaçant sa peau livide. Continuer à lire … « Clos »

Femme Fatale – Noyé

Je t’admire. Je contemple l’homme magnifique, l’homme splendide que tu es. Un être superbe de corps et plus encore de cœur. Ton visage aux fins traits courbés,  ton petit nez au-dessus d’une bouche également peu grande, tes cheveux d’un noir ténébreux et constamment ébouriffé et surtout  tes yeux verts, tes yeux verts électriques. Ces iris aux couleurs exceptionnelles qui te racontaient. Attentionné, gentil, drôle malgré un humour parfois bas, serviable quand tu le décidais, toujours protecteur, doux, à l’écoute et bavard, partageant avec moi beaucoup tout en nous offrant la liberté, également impatient et provoquant quelques fois des disputes volontairement. Je t’aimais pour cela et plus. Et c’est aussi pour ces raisons que je m’extasie encore face à toi. Sans doute, cela est inutile puisque tu ne peux qu’observer mes lèvres bouger sans entendre un terme prononcer par celles-ci. Comprends, malgré l’obstacle, que mes compliments sont sincères. Continuer à lire … « Femme Fatale – Noyé »

Le Repas

            Sous les chênes, sous les érables, sous les marronniers aux feuillages or et rouge, dans un lieu obscur d’une forêt d’automne, en une chapelle gothique, débarrassée des décombres qui jonchaient le sol, aux murs de pierres grises, couleur profonde touchant au noir, aux vitraux disparus, à la charpente et au toit inexistants et aux portes pesantes et épaisses sculptées dans du bois de pin sombre closes, une table à la nappe blanche, brillante, se couvre d’un tapis de feuilles mortes et ternes qu’il ne veut plus retirer. Continuer à lire … « Le Repas »