Communications (3)

Les flammes s’étouffant des lampes à huile éclairent d’ombres le long couloir tapissé d’un bleu à la fois profond et enragé. Le trentenaire s’avance entre ces murs étroits, resserrés, ses épaules frôlant l’espace, passant de la semi-obscurité à une faible lueur pour retourner dans la pénombre. Au loin, la musique s’infiltre, pénètre le bois et la pierre, remonte le parquet jusqu’à ses pieds pour s’étendre dans son corps à son cœur qui se dérègle. Les murs tremblent,sa poitrine avec. Ses yeux s’habituent au règne des ténèbres alors qu’il approche de la fin de ce couloir. Il entre enfin dans la pièce principale et respire. Continuer à lire … « Communications (3) »

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Exploration

            Une grille rouillée, à la peinture noire écaillée, clôturait la route. Les mains sur le portail, il contemplait la vaste surface herbue, plantée de rares arbres aux branches nues et la maison, étriquée et haute, qui s’élevait au milieu. Sur cette plaine nue, elle attirait le regard et semblait garder et surveiller tout l’espace alentour. D’épais nuages coulaient dans le ciel et assombrissaient plus ou moins l’espace. N’ayant aucun obstacle à subir, le vent soufflait sur le paysage plat, et Martin resserra d’une main sa veste. L’autre toujours suspendu, il secoua d’un coup vif la grille qui ne s’ouvrit, ni ne se détacha malgré son état lamentable. L’homme ne relâche pas la barre et poursuivit son examen silencieux de la demeure qui s’obstinait à tenir debout. Enfin, lorsqu’il ne put plus la supporter, emplie de cette image, il regarda le mur d’enceinte en briques rouge, y recherchant une faille, trou ou point d’accroche. Cependant, la vue étant mauvaise, il s’écarta, avança d’un pas vers la droite, jeta un œil vers la gauche et se décida, reprenant sa marche qui longea la propriété. Continuer à lire … « Exploration »

Glaciale errance

            Brutalement, lourdement, la hache s’abattait dans le bois épais, dur et gelé qui avait constitué une charpente massive et qui gisait, en imposants morceaux, sur le sol enneigé d’une petite bâtisse en ruine, face à un individu engoncé dans des vêtements retenant mal la chaleur, et qui, debout, s’agitait avec vivacité. Le geste se répétait, maladroit, les gants aux paumes lisses n’agrippant plus l’instrument, la solide poutre résistant à l’acharnement de l’outil émoussé. Des éclats jaillissaient, s’envolaient pour choir dans la neige indemne de la pièce et parsemé l’espace blanc de surprenantes taches dorées, bientôt recouvert par les flocons épars qui engloutissait la maison percée. Aux alentours, le vent soufflait et sifflait, constant dans son habitude, adoptée plusieurs années auparavant, sans pause, sans respiration, une rafale éternelle peignant interminablement la terre, obstruant les oreilles de l’homme à tout autre sons, jusqu’à celui de la hache qui frappait et mordait la charpente non loin de lui. Continuer à lire … « Glaciale errance »

Neige

Le silence enrobe la forêt. Les arbres et les buissons, nus, demeurent immobile, recouverts d’une épaisse couche de neige. Adossé à un tronc, assis sur le sol gelé et recroquevillé sur lui-même, il relève brusquement la tête, alerté par un amas de flocons qui chute et disparait dans un bruit mat. Continuer à lire … « Neige »

Baiser

                D’une main légère, j’enfonce mes doigts dans tes cheveux blonds cendrés, mi- longs, duveteux, qui caressent ma paume, et les glissent, repoussant ta chevelure en arrière, en longeant l’arrière de ta tête, approchant délicatement ton visage du mien. Continuer à lire … « Baiser »