Crépuscule

            Assis sur une vieille chaise en bois brut, s’appuyant de son bras gauche sur ses genoux, l’autre penchant mollement à ses côtés, il fixe l’horizon orangé, brûlé, rougeoyant. Dans son dos, le vent glisse le long de la dune, faisant rouler les grains distordus le long de la pente jusqu’aux pieds du meuble, jusqu’au bord du lac qui les emportera peut-être plus loin. Encastrée dans la terre sablonneuse, l’eau noire conserve le silence, s’éloigne, tranquille et douce, des rives, repoussée par la brise, vers les lointaines montagnes ébènes, qui déchirent le nord du paysage. Le soleil s’enfonce. Ses doigts se resserrent autour de la crosse du pistolet, la culasse reculée. Le cercle disparait, les derniers rayons s’étirent, vainement, et s’éteignent. En quelques minutes, une nuit ténébreuse s’est abattue sur l’espace désertique. Continuer à lire … « Crépuscule »

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Accident V2

            Les chants des oiseaux s’élancent dans l’atmosphère, rebondissent dans l’espace, se glissent, moelleusement, dans son oreille. C’est doux, calme, reposant, l’une de ces merveilleuses musiques composées et orchestrées par la nature qui assoupissent les sens pour n’écouter plus que la symphonie sauvage. La tête molle, soupirant d’aise, les yeux clos, dans un demi-sommeil, il déguste les gazouillis, les pépiements, les babillages qui s’échappent et flottent de tous côtés, plus aigus ou plus grave, rythmé, rapide ou lent, fort ou plus timide, mélodieux, harmonieux, apaisant. Derrière, cachés, presque imperceptibles, d’autres bruits se répercutaient contre le vide : du bois qui travaille, qui craque, brisé par une patte, par le vent, par la mort, des feuilles auburn délicatement remuées, d’autres feuilles, bercées par la brise, murmurant et chuchotant vivement, une branche qui grince, une autre qui chute et se casse, des sabots qui frappent la terre tapissée ou encore un bec cognant contre un tronc. Le concert d’une forêt. Continuer à lire … « Accident V2 »