Confinement 010 : Souvenirs Tactiles

En effleurements, mes doigts fondent dans tes paumes, s’emparant de tes avant-bras pour les sertir de caresses jusqu’à tes poignets, et nos phalanges s’emmêlent et se nouent. Délacées, mes mains se rattachent à tes hanches qu’en légèreté, elles parcourent, patinent sur ta chair, se faufilent sous tes aisselles pour raccrocher tes épaules avant de plonger mes extrémités rebondies dans ton dos, longer tes omoplates et ta colonne comme lac et rivière tandis que ton corps se tend et s’essouffle dans un soupir d’aise. Menton relevé, ton cou bandé invoque mon nez qui s’y loge et inspire tes pulsations, une paume réchauffant le bas de ton dos, l’autre refluant sur ta nuque, un pouce frottant ton menton et mes lèvres qui goûte tes grains de beautés, ton oreille et ta bouche, ton visage paré de mes mains. Irrépressibles, elles s’échappent sur ta poitrine, gravitent sur ton ventre, exalté, qui gonfle et s’effondre précipitamment, mes phalanges égarées dans notre vide, frôlant tes frissons. Elles achèvent leurs périples dans ton dos, poussant, te placardant contre moi, nerfs affolés et écorchés de t’éprouver. Regard enfermé, tympan rythmé par tes battements, dans mon toucher, j’emprisonne nos étreintes.

Confinement 001 : Sur l’Amour

Les paupières basses, le regard voilé caressant tes lèvres rougies. Ta gorge qui se gonfle et si vite s’essouffle. Je goûte ta bouche du bout de la mienne, humant ta joue. Nos langues se cherchent, la tienne tranquille, délicate, suave. Un baiser chaud, répandant tiédeur dans mon visage.
Un éloignement. Des sourires de contentements se tracent sur nos visages. Mes doigts s’approchent de ta bouche. Un index se glissent sur tes lèvres incendiés pour trouver de cette embrassade une autre sensation. Au-dessus, ta moustache blonde s’étiole en dorure. Tes yeux éclatent de dizaines de paillettes orangées. Dans ta nuque, sous ma main, tes veines pulsent.
Nos langues s’étreignent à nouveau, nos salives mélangés. Une gorgée, une dégustation. Court, pour rattraper un instant, en attraper un autre. Mon nez qui frôlent ta pommette. Tes mains qui enserrent mon visage, tes phalanges soulevant mes cheveux. Soupirs. Crépitements. Une fois. Deux fois. Dix fois.
Détachement. La couleur d’un rire délicat. Partagée.

Un matin

Paupières basses, le nez flâne dans sa masse de cheveux, exhalant un infime parfum de fruits. Ses avant-bras enserrent avec tendresse le cou de son amant, il se rapproche dans un murmure de draps, plongeant son visage intensément dans la chevelure d’ombre, d’insensibles picotis sur sa peau. Allongé sur le dos, de ses lèvres entrouvertes, son partenaire relâche un souffle ouaté, soupir de quiétude.

Les doigts s’éparpillent : ensommeillé, il caresse sa cuisse, du dos de la main, dans un geste constant, tranquille et léger ; lui, le regard frôlant ces innombrables mèches noires, parcourt de son index replié la joue et le menton barbus de son ami. Par instant, son bras touche son cou et un frémissement se répand dans son corps, sa chair se hérisse de ce contact involontaire. Il referme les yeux, déguste. Le temps d’un mouvement, les poitrines s’emplissent d’un peu plus d’air, les respirations troublent le silence.

Son compagnon cesse ses va-et-vient, pose sa main sur sa jambe et l’enlace ; il poursuit son voyage, s’engageant sur ses épaules, coulant sur son flanc et ses hanches, s’égare lui aussi sur ses cuisses, y traçant des spirales, monte lentement sur son ventre qui s’élève et s’abaisse, apaisé. Ses doigts tournent autour de son nombril, l’encerclant de nombreuses fois puis glisse sur sa poitrine. Sa paume s’arrête, s’attache au battement calme du cœur, puis entame son retour, cajolant le cou, la joue, le front pour s’achever, par un effleurement, dans ses cheveux. À cet instant, leurs étreintes se renoue. Il dépose un baiser dans la chevelure de son amant.

Des rayons épars colorent la pièce d’un jaune presque opalescent ; la poussière y virevolte nonchalamment. Le parquet du voisin craque sous ses pas, de rares voitures ronflent, sinon le silence.

« Je t’aime »

Esquisse : L’Amoureux

Je suis amoureux, encore, sur mon balcon, dans la nuit, les mains enchevêtrées à la balustrade en place de tes mains, tes baisers accrochés à ma bouche, paupières closes, les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres, oubliant ton visage car tu n’existe que dans mes rêves.

Continuer à lire … « Esquisse : L’Amoureux »

ARCHITECTURE

Le premier élément qui saute aux yeux dès que l’on prononce ou lit ce terme est la présence du mot ART comme départ. Et l’architecture en est un, un qui rassemble et assemble.
Déjà, à cet instant, tout est présent : L’Architecture est Art. Il contient l’Art, le fabrique et en est.

Continuer à lire … « ARCHITECTURE »

Cercles

            Ses yeux s’ouvrent.

            Immobile dans son lit, dans la pénombre cendrée de la chambre divisée par deux rayons plus pâles, Julien fixait aveuglément le plafond grisâtre, encore mal éveillé, à demi-conscient. Dans ses oreilles, vibrait, très lointaine, incertaine et fantomatique, l’irritante alarme du réveil. Il se retourna, froissant ses draps qui frémirent avec délicatesse, et tendit son bras vers l’appareil silencieux, le pivota et découvrit l’heure tardive qu’affichait l’écran, insensible. En un instant, il se dressa dans son lit, rejeta la couverture au pied du meuble et se jeta au bas du matelas. L’homme, à demi-vêtu, enfonça ses pieds dans les vêtements qui sommeillaient sur le parquet, nonchalant, à l’endroit où il les avait quittés et délaissés la veille au soir, s’y emmêla et trébucha, chutant contre la vitre. Une demie minute d’ambiguïté, de perte, une légère douleur lorsqu’il se cogna contre le verre froid, puis il se reprit, ouvrit la fenêtre, repoussa les volets et eut la vision d’un ciel lourd, plombé, déversant une pluie fine et constante. Aucun nuage n’était visible, fondu les uns dans les autres, annonçant une journée humide. Continuer à lire … « Cercles »

Neige

Le silence enrobe la forêt. Les arbres et les buissons, nus, demeurent immobile, recouverts d’une épaisse couche de neige. Adossé à un tronc, assis sur le sol gelé et recroquevillé sur lui-même, il relève brusquement la tête, alerté par un amas de flocons qui chute et disparait dans un bruit mat. Continuer à lire … « Neige »

Baiser

                D’une main légère, j’enfonce mes doigts dans tes cheveux blonds cendrés, mi- longs, duveteux, qui caressent ma paume, et les glissent, repoussant ta chevelure en arrière, en longeant l’arrière de ta tête, approchant délicatement ton visage du mien. Continuer à lire … « Baiser »