Frôler…

La pochette cartonnée, retenue d’un bras souple, s’échappe de son étau et renverse les papiers à mes pieds. Continuer à lire … « Frôler… »

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Traversée

Il porta une main à son front et acheva par y apposer son poing. Il appuyait sur son crâne, cherchant à déverser sa douleur à l’extérieur de lui-même. Une mauvaise migraine travaillait sa tête depuis le matin-même, et il lui semblait qu’elle ne le rejetterait pas encore. Assis à son bureau, face à son ordinateur, en ce début d’après-midi gris, il fixait l’écran, ses mains écrasant ses tempes. La surface lumineuse l’irritait, les lignes de textes affichées l’exasperaient, il se sentait exténué mais ne voulait pas quitter son poste, ne souhaitait pas s’arrêter plus tôt. Enfin, il s’autorisa à fermer les yeux une seconde, juste une seconde, ce qu’il s’était abstenu de faire pr eur de craquer et partir. Ses paupières glissèrent, se touchèrent, et il plongea.

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Déraciné

            Au-dessus du château qui dominait la plaine marécageuse, le tonnerre éclata et le paysage ainsi que le bâtiment tremblèrent, effrayés par ce coup de fureur. Même Salvaric, debout sur le chemin de ronde, appuyé sur les créneaux, sursauta, déconcerté par la violence de la nature. Il leva la tête et observa le ciel gris, examina les nuages lourds et frissonna lorsque les premières rafales de vent s’écrasèrent contre l’épaisse muraille et le secouèrent. Un premier éclair déchira la couche nuageuse et descendit jusqu’à l’horizon. L’atmosphère, déjà belle et mélancolique, devint également froide, très froide. Continuer à lire … « Déraciné »

Baiser

                D’une main légère, j’enfonce mes doigts dans tes cheveux blonds cendrés, mi- longs, duveteux, qui caressent ma paume, et les glissent, repoussant ta chevelure en arrière, en longeant l’arrière de ta tête, approchant délicatement ton visage du mien. Continuer à lire … « Baiser »

Automne

            Sur le bitume pentue, perdue dans les montagnes, qu’elle escalade et dévale, la voiture descend, tranquille, d’une douce allure, le moteur ronronnant, paresseux et serein. Le toit rétracté, le vent souffle d’une brise un peu forte, mais caressante, et soulève ses cheveux qui ondulent et flottent avec légèreté. Le soleil couchant lui faisant face, il illumine le paysage d’une lumière sublime enserrant avec douceur l’univers alpestre, apaisant l’espace, suspendant le temps. Un lieu irréel qui se métamorphose. Continuer à lire … « Automne »

Femme Fatale – Noyé

Je t’admire. Je contemple l’homme magnifique, l’homme splendide que tu es. Un être superbe de corps et plus encore de cœur. Ton visage aux fins traits courbés,  ton petit nez au-dessus d’une bouche également peu grande, tes cheveux d’un noir ténébreux et constamment ébouriffé et surtout  tes yeux verts, tes yeux verts électriques. Ces iris aux couleurs exceptionnelles qui te racontaient. Attentionné, gentil, drôle malgré un humour parfois bas, serviable quand tu le décidais, toujours protecteur, doux, à l’écoute et bavard, partageant avec moi beaucoup tout en nous offrant la liberté, également impatient et provoquant quelques fois des disputes volontairement. Je t’aimais pour cela et plus. Et c’est aussi pour ces raisons que je m’extasie encore face à toi. Sans doute, cela est inutile puisque tu ne peux qu’observer mes lèvres bouger sans entendre un terme prononcer par celles-ci. Comprends, malgré l’obstacle, que mes compliments sont sincères. Continuer à lire … « Femme Fatale – Noyé »

Le Repas

            Sous les chênes, sous les érables, sous les marronniers aux feuillages or et rouge, dans un lieu obscur d’une forêt d’automne, en une chapelle gothique, débarrassée des décombres qui jonchaient le sol, aux murs de pierres grises, couleur profonde touchant au noir, aux vitraux disparus, à la charpente et au toit inexistants et aux portes pesantes et épaisses sculptées dans du bois de pin sombre closes, une table à la nappe blanche, brillante, se couvre d’un tapis de feuilles mortes et ternes qu’il ne veut plus retirer. Continuer à lire … « Le Repas »